En décembre 2019, le journaliste Jordi Olària Gras consacre un reportage de TarragonaDigital à la situation de Planas del Rey.
Le reportage original n’est aujourd’hui plus accessible sur le site du média. La Tribune de Planas en conserve cependant les principaux éléments, ainsi que plusieurs photographies réalisées à l’époque.
Éclairage public interrompu depuis plus de deux ans, coupures d’eau, station d’épuration à l’arrêt et situation administrative toujours complexe : le reportage confronte les positions d’Avança Pratdip, du maire Joan Maria Rovira et, sur la question de l’assainissement, de l’Agència Catalana de l’Aigua (ACA).
En clair : ce reportage constitue un témoignage important de la situation de Planas à la fin de 2019. Certaines informations proviennent des habitants et d’Avança Pratdip, tandis que d’autres sont attribuées à la mairie ou à l’ACA. Ces différentes sources doivent être distinguées.
Une urbanisation toujours confrontée à une situation administrative complexe
Le reportage revient d’abord sur une question qui traverse toute l’histoire récente de Planas del Rey : celle de la réception administrative de l’urbanisation.
La position défendue par la municipalité est alors que certaines infrastructures n’ont pas fait l’objet d’une réception formelle permettant leur prise en charge complète par la commune.
Cette question doit être distinguée de celle de la propriété de certains biens. Des rues, réseaux et équipements ont en effet fait l’objet de procédures de cession et d’inscriptions au nom de la mairie au cours des décennies précédentes, sans que cela signifie nécessairement qu’une réception administrative globale de l’urbanisation ait eu lieu.
En clair : propriété municipale de certains biens et réception administrative de l’urbanisation sont deux questions différentes.

Photo : Jordi Olària Gras
L’EUCC était dissoute, mais toutes les conséquences n’étaient pas réglées
La situation de l’ancienne EUCC occupe également une place importante dans le reportage.
Le Tribunal supérieur de justice de Catalogne avait prononcé sa dissolution le 21 juillet 2016. Une ordonnance d’exécution avait ensuite été rendue en décembre 2017 et la dissolution avait été inscrite au registre de la Generalitat en septembre 2018.
En décembre 2019, l’existence juridique de la décision de dissolution ne fait donc plus de doute.
En revanche, la liquidation de l’ancienne entité et les conséquences pratiques de sa disparition restent encore sources de difficultés, notamment concernant certains équipements, contrats et responsabilités.
Selon le reportage, le maire Joan Maria Rovira évoque notamment des comptes encore en suspens et des charges qui n’auraient pas été réglées par certains propriétaires.
De son côté, Avança Pratdip critique la lenteur de la situation et demande que les services et infrastructures de Planas puissent être progressivement régularisés.

Photo : Jordi Olària Gras
Plus de deux ans sans éclairage public
L’un des problèmes les plus visibles concerne alors l’éclairage public.
Selon le reportage, les lampadaires de Planas ne fonctionnent plus depuis plus de deux ans.
Le maire explique que le contrat d’électricité était encore au nom de l’ancienne EUCC et que celle-ci avait cessé de payer les factures.
Avança Pratdip estime pour sa part qu’une solution doit être trouvée afin de rétablir l’éclairage dans l’urbanisation.
Cette question avait déjà été évoquée lors du conseil municipal du 4 octobre 2019.
La situation illustre concrètement les difficultés apparues après la disparition de l’EUCC : un ancien contrat cesse de fonctionner, tandis que la responsabilité de sa reprise reste discutée.

Photo : Jordi Olària Gras
La station d’épuration au centre des préoccupations
Le reportage consacre également une place importante à la station d’épuration de Planas del Rey, qui n’est alors plus en fonctionnement.
Óscar Serrano, conseiller municipal d’Avança Pratdip, alerte sur les rejets d’eaux usées dans le ravin et sur leurs conséquences environnementales possibles.
Cette situation avait déjà fait l’objet de plusieurs alertes au cours des mois précédents et avait été documentée par SOS Planas en novembre 2019.
Le reportage apporte cependant un élément particulièrement intéressant : la position attribuée à l’Agència Catalana de l’Aigua.
Selon les informations reprises par TarragonaDigital, l’ACA indique que l’ancienne installation ne desservait qu’une partie de l’urbanisation et qu’aucune autorisation de rejet n’avait été formalisée auprès de l’Agence.
Le reportage rapporte également que des inspections avaient relevé un mauvais état des installations et des résultats ne respectant pas les paramètres exigés pour les rejets.
Avança Pratdip évoque parallèlement un risque de contamination des puits et des eaux souterraines.
L’ACA précise cependant qu’elle ne dispose alors d’aucune preuve établissant une contamination des aquifères voisins.
En clair : le problème des rejets et du mauvais fonctionnement de l’assainissement est bien signalé. En revanche, une contamination des nappes phréatiques n’est pas démontrée dans les éléments disponibles.

Photo : Frederic Zuccheretti
Trois projets d’assainissement annoncés par l’ACA
Le reportage apporte également une information importante sur les projets envisagés à cette époque.
Selon TarragonaDigital, l’ACA prévoit alors de développer trois projets distincts d’assainissement pour Pratdip, Planes del Rei et Santa Marina, avec un horizon annoncé à l’époque autour de 2022.
Cette annonce ne signifie pas que les travaux sont déjà financés ou réalisés. Elle montre cependant qu’à la fin de 2019, la nécessité d’une solution spécifique pour l’assainissement de Planas del Rey est identifiée dans la planification de l’ACA.
Pour la chronologie de Planas, cette information est particulièrement importante au regard des projets d’eau et d’assainissement qui seront étudiés dans les années suivantes.

Photo : Jordi Olària Gras
Un réseau d’eau marqué par des coupures régulières
L’approvisionnement en eau constitue l’autre grande préoccupation des habitants interrogés.
Le reportage fait état de coupures régulières, parfois prolongées, et d’un réseau nécessitant des réparations et un entretien importants.
Le système de Planas repose notamment sur des pompes et des réservoirs, ce qui rend l’approvisionnement particulièrement sensible aux pannes.
La répartition des responsabilités concernant les réparations du réseau reste alors une source de désaccord entre propriétaires et municipalité.
Le reportage témoigne ainsi d’un problème qui restera récurrent dans les années suivantes : un réseau ancien, des pannes fréquentes et la difficulté de déterminer qui doit financer certaines interventions tant que la situation urbanistique n’est pas entièrement régularisée.

Photo : Jordi Olària Gras
Des propriétaires qui contestent le niveau des services reçus
Le reportage fait également état d’un sentiment largement exprimé à Planas : celui d’un décalage entre les impôts et taxes payés par les propriétaires et le niveau de services dont bénéficie l’urbanisation.
Des chiffres très élevés concernant la part des recettes municipales provenant de Planas étaient alors avancés par certains représentants des propriétaires.
Les documents budgétaires disponibles ne permettent cependant pas de confirmer ces pourcentages précis.
Il est donc plus exact de retenir le constat politique et social de l’époque : une partie des propriétaires considère qu’elle contribue aux finances municipales sans bénéficier d’un niveau de services comparable à celui qu’elle attend de la commune.
Une problématique qui dépasse Planas del Rey
Le reportage replace enfin la situation de Planas dans celle, plus générale, des urbanisations catalanes développées principalement dans les années 1960 et 1970 et dont la régularisation administrative est restée inachevée.
Avança Pratdip indique alors avoir pris contact avec d’autres urbanisations confrontées à des difficultés comparables.
L’objectif annoncé est de porter ces problématiques devant les institutions catalanes et de demander des solutions permettant de régulariser les infrastructures et les services.
Cette démarche montre qu’à la fin de 2019, la situation de Planas commence à être présentée non seulement comme un problème local, mais comme l’un des exemples d’une problématique urbanistique plus large en Catalogne.
Ce que ce reportage apporte à la chronologie de Planas
Le reportage de TarragonaDigital constitue un document intéressant parce qu’il ne donne pas uniquement la parole aux propriétaires.
Il confronte les inquiétudes d’Avança Pratdip avec les explications du maire et les informations attribuées à l’ACA.
À la fin de 2019, plusieurs éléments ressortent :
- l’EUCC est juridiquement dissoute, mais sa liquidation et certaines conséquences pratiques restent encore à régler ;
- l’éclairage public est interrompu depuis plus de deux ans ;
- le réseau d’eau connaît des pannes et des coupures régulières ;
- la station d’épuration de Planas n’est plus en fonctionnement ;
- l’ACA signale, selon le reportage, des problèmes concernant l’installation et les rejets, sans établir de contamination des aquifères ;
- un projet spécifique d’assainissement pour Planes del Rei est annoncé dans la planification de l’ACA ;
- la question de la réception et de la gestion des infrastructures reste au centre des désaccords entre propriétaires et municipalité.
En clair : en décembre 2019, les difficultés de Planas del Rey ne se résument plus à un seul problème. Eau, assainissement, éclairage et situation urbanistique sont étroitement liés et montrent les conséquences concrètes d’une régularisation restée inachevée pendant plusieurs décennies.
Source et photographies
Reportage de Jordi Olària Gras publié en décembre 2019 par TarragonaDigital. L’article original n’est aujourd’hui plus accessible sur le site du média.
Jim – La Tribune de Planas




