Que se passerait-il si un incendie forestier menaçait Planas del Rey ? Comment les habitants seraient-ils prévenus ? Faudrait-il évacuer ou rester chez soi ? Quelles routes utiliser ? Les pompiers disposeraient-ils de suffisamment d’eau ?
Plusieurs documents officiels permettent aujourd’hui d’apporter des réponses : le Plan d’autoprotection de Planas del Rey rédigé en 2006 et homologué en 2007, le Plan municipal de prévention des incendies forestiers approuvé en 2023 et le DUPROCIM* de Pratdip, approuvé définitivement en 2022 et mis à jour en octobre 2024.
Ces documents décrivent une véritable organisation. Mais leur comparaison révèle aussi des différences importantes entre les consignes de 2006 et celles de 2024. Elle montre surtout que plusieurs équipements et procédures prévus sur le papier doivent être régulièrement vérifiés et adaptés à la situation sur le terrain.
*DUPROCIM — Document unique de protection civile municipale — organise la réponse de la commune face aux principaux risques : incendies, inondations, vents violents, accidents et autres situations d’urgence.
Mise à jour du 10 septembre 2026 : après la publication de cet article, la mairie de Pratdip nous a transmis plusieurs informations complémentaires. Elles ont été intégrées ci-dessous en précisant leur origine.
Un risque officiellement considéré comme très élevé
Le DUPROCIM indique que plus de 85 % du territoire de Pratdip est constitué de surfaces forestières. Il classe le danger d’incendie comme très élevé et la vulnérabilité de la commune comme élevée.
Planas se trouve au contact direct de la végétation, entre le barranc de la Dòvia et la rivière Llastres. Le plan de 2006 signalait déjà la continuité entre les espaces forestiers, les parcelles privées et les habitations.
Il attirait également l’attention sur les fortes pentes de certains secteurs, notamment autour de la rue Magnolia, ainsi que sur le vent, la sécheresse de la végétation et la présence importante de pins.
Le DUPROCIM de 2024 recense 334 habitants à Planas et estime que la population peut atteindre environ 1 000 personnes pendant l’été. Cette variation saisonnière rend l’organisation de l’alerte et d’une éventuelle évacuation particulièrement importante.
La mairie précise que ces variations saisonnières sont connues et prises en compte dans la planification municipale. Les services d’urgence utilisent notamment des estimations fondées sur le nombre de logements afin de préparer les éventuelles opérations d’intervention, d’évacuation ou de confinement.
En cas d’incendie : évacuer ou rester chez soi ?
La comparaison des documents montre que la consigne générale a évolué.
En 2006, Planas était classée comme une urbanisation de type B, c’est-à-dire comme une zone ne remplissant pas toutes les conditions requises en matière de protection contre les incendies. Le plan ne prévoyait pas le confinement et envisageait une autoévacuation dès la confirmation d’un incendie forestier.
Le DUPROCIM de 2024 adopte une approche différente. Il prévoit d’évaluer la nécessité de confiner ou d’évacuer la population et précise :
« En général, le confinement est la meilleure mesure si la maison offre une bonne protection, même s’il faut prévoir une éventuelle évacuation des lieux qui n’offrent pas cette protection. »
La décision dépend donc de l’emplacement du feu, de la direction du vent, de la fumée, de l’état des routes et du niveau de protection des habitations.
La mairie indique qu’en cas d’incendie forestier affectant la population, un centre de commandement avancé coordonne les services d’urgence et les pompiers. Les décisions d’évacuation ou de confinement sont alors prises en fonction de l’évolution de la situation.
En cas d’incendie, il convient d’appeler immédiatement le 112 si le feu vient d’être découvert, puis de suivre les instructions des pompiers et des autorités plutôt que de décider individuellement de prendre la route.
Deux sorties et deux points de rassemblement
Planas dispose de deux accès routiers principaux :
- au nord, la route reliant l’avenue de Pratdip à la T-310 ;
- au sud, la route reliant la rue Dàlia à la T-318.
Le plan de 2006 désignait également l’avenue de Pratdip, la rue Clavell et la rue Tulipa comme voies intérieures d’évacuation. Il prévoyait deux points de rassemblement :
- la zone sportive de Planas del Rey ;
- le terrain non bâti situé entre les rues Tulipa et Orquídea.
Le document recommandait de rejoindre ces points à pied lorsque cela était possible et de réserver les véhicules aux personnes ayant besoin d’assistance.
Il signalait toutefois un risque de saturation des routes extérieures en raison des fortes pentes et des virages serrés, particulièrement du côté de la T-310.
À notre connaissance, il n’existe pas de réseau continu de pistes forestières permettant aux véhicules des pompiers de contourner Planas. Les secours doivent donc principalement utiliser les deux routes d’accès et les rues intérieures de l’urbanisation.
La mairie confirme que les deux points de rassemblement prévus dans le plan de 2006 sont toujours valables.
Comment les habitants seraient-ils avertis ?
Le plan de 2006 prévoyait une alerte par la sonorisation fixe de l’urbanisation et, si celle-ci ne fonctionnait pas, un passage directement auprès des habitations.
Le plan municipal de 2023 mentionne plusieurs moyens :
- des haut-parleurs répartis dans les rues de Pratdip, de Planas et de Santa Marina ;
- les téléphones fixes et mobiles ;
- les véhicules municipaux et leur sonorisation portable ;
- le site internet de la mairie ;
- l’office de tourisme.
La mairie utilise également aujourd’hui l’application eAgora pour diffuser ses annonces et ses avis urgents.
À ces moyens s’ajoute le système ES-Alert, qui permet aux autorités d’envoyer une alerte directement sur les téléphones mobiles présents dans la zone concernée par une situation d’urgence.
Concernant les haut-parleurs fixes, la mairie précise que leur fonctionnement ne peut pas être garanti en raison de l’absence de réseau public d’électricité à Planas. Elle confirme également que cette sonorisation ne couvre pas l’ensemble de l’urbanisation.
De nouvelles bornes d’incendie dans la partie basse de Planas
En 2006, aucune borne d’incendie conforme ne pouvait être utilisée par les pompiers. Le plan recensait 17 bouches d’arrosage souterraines, mais précisait qu’elles ne disposaient pas de la pression nécessaire pour être pleinement opérationnelles.
Leur fonctionnement dépendait en outre d’une pompe activée depuis le local d’entretien. Une panne d’électricité ou de pompage pouvait donc compromettre leur utilisation.
Le DUPROCIM de 2024 répertorie 15 équipements à Planas, sous les références H18 et H26 à H39. Mais une note précise que seuls les équipements signalés par un astérisque dans le tableau municipal fonctionnent réellement comme des bornes d’incendie. Tous les autres sont considérés comme de simples bouches d’arrosage dont le débit ou la pression ne peuvent pas être garantis.
Aucun des 15 équipements répertoriés à Planas ne porte cet astérisque.
Le document municipal de 2024 ne confirmait donc, au moment de sa rédaction, aucune véritable borne d’incendie offrant aux pompiers le débit et la pression nécessaires.
La mairie indique toutefois que, depuis la rédaction du DUPROCIM, de nouvelles bornes d’incendie opérationnelles ont été installées dans la partie basse de Planas, autour de la zone sportive, dans le cadre des travaux d’amélioration du réseau d’eau.
Des réserves d’eau désormais mieux identifiées
Le plan de 2006 recensait la piscine publique, alors estimée à 600 m³, plusieurs réservoirs de l’urbanisation et différentes piscines privées susceptibles d’être utilisées.
En 2017, un réservoir anti-incendie d’une capacité annoncée de 200 000 litres avait également été présenté pour Planas.
Le plan de prévention de 2023 mentionne pour sa part un « bassin ou une piscine » de 450 m³ situé à Planas, accessible aux hélicoptères, mais non destiné à un usage public et non intégré au réseau principal des points d’eau contre les incendies.
La mairie précise que ce point d’eau de 450 m³ correspond à la piscine municipale. Celle-ci est maintenue remplie et disponible pour les services d’extinction depuis 2023.
Les piscines publiques et privées peuvent également servir à l’approvisionnement des véhicules de lutte contre les incendies.
Concernant le réservoir situé au nord de Planas, la mairie confirme qu’il dispose de conduites ainsi que d’un accès routier permettant aux services d’incendie d’y charger de l’eau. Son niveau actuel de remplissage n’a toutefois pas été précisé.
La mairie indique enfin que le terrain de football situé en face du Casal peut être utilisé occasionnellement comme zone d’atterrissage pour un hélicoptère. Il ne s’agit toutefois pas d’un héliport spécialement aménagé.

Le réservoir d’eau de 200 000 litres destiné à la lutte contre les incendies, photographié en novembre 2017. La mairie confirme la présence de conduites et d’un accès permettant aux pompiers d’y charger de l’eau.
Une bande de protection ouverte, mais dont l’entretien se poursuit
Une bande de protection périphérique est une zone d’au moins 25 mètres de largeur dans laquelle la végétation sèche doit être retirée et les arbres éclaircis et élagués.
En 2006, cette bande n’avait pas été réalisée autour de l’ensemble de Planas. Seules certaines zones proches des accès avaient été traitées en 2005, mais leur entretien restait déjà à effectuer.
Le plan de 2023 indiquait ne pas disposer d’informations complètes sur le degré d’exécution des bandes périphériques de la commune. Il estimait qu’environ 20 % des bandes étudiées avaient été réalisées entièrement ou partiellement et citait notamment celle de Planas.
Le plan prévoyait aussi une zone de réduction de la végétation dans le barranc de la Dòvia, le long de la T-310, afin de ralentir la propagation d’un incendie et d’assurer une continuité avec les bandes de protection de l’urbanisation.
La mairie indique que la bande de protection a désormais été ouverte sur tout le périmètre de Planas. Son entretien a commencé dans la partie nord de l’urbanisation, avec des interventions réalisées en 2024 puis en juin 2026, mais il n’est pas encore achevé sur l’ensemble du périmètre.
Ces travaux sont réalisés sur la base du Plan de délimitation des mesures de prévention des incendies forestiers de la commune de Pratdip, approuvé en 2016.
Des exercices encore à organiser
Le DUPROCIM prévoit au moins un exercice municipal de protection civile chaque année. Un exercice consacré au risque d’incendie forestier doit notamment tester les communications, les moyens d’alerte, le confinement, l’évacuation, le contrôle des accès et le choix des centres d’accueil.
Les fiches d’évaluation jointes au document ne sont cependant pas remplies. Elles ne permettent donc pas de confirmer qu’un tel exercice a déjà été organisé avec les habitants de Planas.
La mairie indique qu’elle travaille avec la Diputació de Tarragona à la mise en œuvre des mesures prévues. Une phase d’information, de préparation, de signalisation et de planification des exercices doit commencer à la fin de l’année 2026.
Le plan de 2006 prévoyait également d’identifier les personnes ayant besoin d’aide et de leur attribuer un moyen de transport. Mais la liste correspondante est vide dans la version publique du document dont nous disposons.
La mairie précise qu’elle possède des informations actualisées sur les personnes vulnérables, en coordination avec les services médicaux et sociaux. Ces données personnelles figurent dans la version confidentielle du DUPROCIM et ne peuvent naturellement pas apparaître dans sa version publique.
Les visites techniques ont commencé
Au début du mois de septembre, la mairie a annoncé que des techniciens du Consorci de la Serra de Llaberia effectueraient des visites à Planas afin d’examiner les constructions, les parcelles et leur environnement.
L’objectif est d’évaluer leur vulnérabilité face aux incendies et d’identifier les mesures de prévention et d’autoprotection nécessaires.
La mairie précise que ces visites ont commencé. Une fiche individuelle sera établie pour chaque parcelle, avant une analyse d’ensemble de la situation de Planas. Les premiers résultats devraient être disponibles dans un délai d’environ deux mois.
La mairie intervient sur les espaces extérieurs et les bandes de protection relevant de sa compétence. L’entretien et la sécurité à l’intérieur des parcelles privées restent sous la responsabilité de leurs propriétaires.
Ce que la mairie confirme et ce qui reste à préciser
Les informations transmises par la mairie permettent désormais de confirmer plusieurs éléments importants :
- les deux points de rassemblement prévus en 2006 sont toujours valables ;
- le système ES-Alert peut compléter les autres moyens d’avertissement ;
- la sonorisation fixe ne couvre pas tout Planas et son fonctionnement ne peut pas être garanti ;
- de nouvelles bornes d’incendie opérationnelles ont été installées autour de la zone sportive ;
- le point d’eau de 450 m³ correspond à la piscine municipale, maintenue remplie depuis 2023 ;
- le réservoir du nord dispose de conduites et d’un accès pour les véhicules des pompiers ;
- la bande de protection a été ouverte sur tout le périmètre, mais son entretien se poursuit ;
- la mairie dispose d’informations confidentielles actualisées sur les personnes vulnérables ;
- les visites techniques des parcelles ont commencé.
Deux précisions matérielles restent néanmoins absentes des informations communiquées : le niveau actuel de remplissage du réservoir de 200 000 litres ainsi que le nombre exact et l’emplacement détaillé des nouvelles bornes d’incendie.
La position de la mairie de Pratdip
Le 10 septembre, après la première publication de cet article, la maire de Pratdip, Sílvia Carrillo, nous a transmis plusieurs précisions ainsi que la conclusion suivante. Nous la reproduisons intégralement afin que la position de la mairie soit présentée dans ses propres termes.
« À la mairie de Pratdip, nous sommes pleinement conscients que le risque d’incendie forestier est l’un des principaux risques auxquels notre commune est confrontée et que, dans un environnement présentant une importante superficie forestière, cette question exige un travail constant. Nous n’affirmons pas que tout est résolu ni qu’il n’existe plus aucun aspect susceptible d’être amélioré. Au contraire, nous considérons la protection de la population comme un processus permanent d’évaluation, d’intervention et d’amélioration.
La commune dispose d’une planification spécifique en matière de protection civile et de prévention des incendies, avec un DUPROCIM actualisé et homologué, le Plan de prévention des incendies forestiers, le Plan de délimitation et le Plan d’autoprotection de Planas del Rey. Sur la base de cette planification, la mairie a progressivement mis en œuvre des actions concrètes et continue à travailler pour améliorer les conditions de prévention et d’intervention. Ces dernières années, des travaux d’ouverture et d’entretien des bandes de protection ont été réalisés, ainsi que des améliorations du réseau d’eau et des points d’approvisionnement. De nouvelles actions sont également en cours afin de mieux connaître les vulnérabilités présentes à l’intérieur des zones urbanisées.
Dans ce cadre, nous travaillons actuellement de manière intensive et coordonnée avec le Consorci de la Serra de Llaberia, le corps des Agents ruraux et les pompiers, afin que la prévention et la protection contre les incendies reposent sur des critères techniques et sur une vision globale du territoire. Les visites et l’analyse des parcelles de Planas del Rey actuellement en cours permettront d’identifier les vulnérabilités propres à chaque propriété et de déterminer les mesures d’information et de correction nécessaires.
Ce travail implique également de reconnaître que la protection contre les incendies constitue une responsabilité partagée. La mairie a la responsabilité d’intervenir sur les espaces et infrastructures municipaux ainsi que sur les zones de protection qui relèvent de sa compétence, mais les propriétaires jouent également un rôle essentiel dans l’entretien et la sécurité de leurs parcelles. L’une des lignes de travail actuelles consiste donc précisément à mieux connaître les besoins propres à chaque secteur et à impliquer l’ensemble des acteurs dans la réduction du risque.
La réalité est donc celle d’une commune qui dispose d’une planification et qui agit. Pratdip a identifié le risque, possède des instruments de planification et travaille de manière continue pour améliorer ses capacités de prévention et d’intervention. Nous sommes conscients qu’il reste encore du travail à accomplir et que certaines mesures peuvent et doivent être améliorées, mais cela fait précisément partie du travail actuellement mené.
Nous ne pouvons pas affirmer que le risque n’existe pas. Nous devons travailler afin que, lorsqu’il se présente, la commune soit aussi bien préparée que possible pour y faire face. Et c’est précisément ce que nous faisons. »
Texte transmis en espagnol et traduit en français par La Tribune de Planas.
Cet article pourra encore être complété ou corrigé si de nouvelles informations précises ou actualisées nous sont communiquées.
6/09/2026
La Tribune de Planas
Documents de référence
Pour consulter les informations techniques et les mesures prévues en matière de prévention, de protection et de gestion du risque d’incendie, trois documents sont disponibles :





Il serait souhaitable que la mairie de Pradipt installe des panneaux précisant que les barbecues sont interdits ( en plusieurs langues)
Cet été j’ai 2 voisins qui en faisaient et nous avons été obligés d’intervenir pour qu’ils les eteignent !!
La mairie m’a confirmé que les BBQ étaient interdits de mai à octobre .
1. La mairie devrait aussi imposer aux propriétaires d’entretenir leur terrain afin d’éviter la propagation du feu et le cas échéant organiser elle-même le nettoyage de tout terrain non conforme aux frais du propriétaire.
2 Question:
La TRIBUNE est un journal d’information dont la rédaction et le contenu sont organisés par qui?
Bonjour Marc,
Tu as raison, l’entretien des terrains est essentiel pour limiter la propagation d’un incendie. Je te conseille de poser directement cette question à la mairie.
J’administre personnellement La Tribune de Planas. Je choisis les sujets, j’effectue les recherches et je suis seul responsable de la rédaction et de la publication des contenus. Les articles s’appuient principalement sur des documents officiels et des informations vérifiées. J’utilise également ChatGPT comme outil d’aide à la recherche, à la rédaction et à la traduction, comme cela est indiqué sur la page d’accueil. La Tribune de Planas ne dépend ni d’une association, ni d’un parti politique, ni de la mairie.
Est-ce que la mairie a recensée les dépôts sauvages de résidus verts notamment celui au-dessus de la piscine plusieurs fois signalé et ayant déjà fait état d’un départ de feu.
Bonsoir,
Je ne sais pas si la mairie a déjà recensé ces dépôts sauvages. En revanche, des techniciens du Consorci de la Serra de Llaberia doivent prochainement inspecter Planas afin d’évaluer les risques. Ce dépôt devra certainement leur être signalé lors de leur visite.