Les fêtes de fin d’année 2017 prennent une tournure particulièrement difficile à Planas del Rey.
À partir du 31 décembre, de nombreux habitants se retrouvent sans eau ou avec un approvisionnement très irrégulier. Pendant plusieurs jours, nous allons vivre au rythme des pannes, des tentatives de réparation et des rétablissements temporaires.
Cette crise survient moins de deux mois après la cessation des activités de gestion et d’entretien de l’EUCC, annoncée le 31 octobre 2017.
Au-delà du problème technique, une question va rapidement devenir centrale : qui doit désormais intervenir lorsqu’une panne se produit sur le réseau intérieur de Planas del Rey ?
Les problèmes commencent le 31 décembre
Le 31 décembre 2017, de nombreux propriétaires se retrouvent privés d’eau en raison de problèmes affectant nos installations d’alimentation.
La situation est particulièrement pénible en cette période de fêtes. De nombreuses familles sont présentes à Planas et certaines accueillent des proches pour le Nouvel An et l’Épiphanie.
Sans eau, les gestes les plus simples deviennent difficiles : se laver, cuisiner, faire la lessive ou simplement utiliser normalement son logement.
Nous demandons alors l’intervention de la mairie de Pratdip.
Mais un désaccord apparaît immédiatement. La mairie considère que les problèmes se situent dans le réseau intérieur de l’urbanisation et que celui-ci n’a pas été cédé à la municipalité. De notre côté, nous estimons que nous payons nos factures d’eau et différentes redevances liées au service et que nous devons donc pouvoir compter sur une intervention permettant de rétablir l’approvisionnement.
Le 2 janvier, nous nous rendons à la mairie
Le 2 janvier, une vingtaine de propriétaires de différentes nationalités se rendent à la mairie de Pratdip afin de protester contre la situation et de demander qu’une solution soit trouvée.
La tension est importante.
Plusieurs habitants déposent également des réclamations et certains se rendent auprès des Mossos d’Esquadra.
À ce moment-là, notre préoccupation est avant tout très concrète : nous voulons simplement retrouver de l’eau dans nos maisons.
Des habitants interviennent eux-mêmes sur les installations
Face à l’urgence, plusieurs habitants décident d’intervenir directement sur les installations afin de tenter de rétablir le fonctionnement du réseau.
Bernardo Gallardo et Cristian Piñero, avec l’aide d’Òscar Serrano, alors conseiller municipal, participent notamment à ces interventions.
Le 3 janvier en fin de journée, l’eau revient dans les habitations après leurs efforts.
Nous les remercions alors chaleureusement pour leur intervention.
Malheureusement, ce retour de l’eau ne signifie pas que le problème est définitivement réglé. Dans les jours suivants, l’approvisionnement reste perturbé et plusieurs habitants connaissent encore des coupures ou des rétablissements seulement temporaires.
Ce que nous pensions d’abord être une panne de quelques jours se transforme progressivement en une véritable crise de l’approvisionnement en eau.
Le 7 janvier, notre situation attire l’attention de la presse
Quelques jours plus tard, la situation de Planas del Rey commence à être relayée par les médias catalans.
Le 7 janvier, l’Agence Catalane de Presse rapporte les témoignages d’habitants qui expliquent subir les problèmes d’approvisionnement depuis le 31 décembre, à l’exception de quelques rétablissements ponctuels.
Environ 190 habitants sont alors présentés comme touchés par la situation.
Certains expliquent ne plus pouvoir se doucher, laver leur linge ou cuisiner normalement. D’autres auraient même quitté temporairement Planas pour séjourner chez des proches.
Notre problème, jusque-là essentiellement local, devient alors une affaire dont on commence à parler à l’extérieur de Planas.
La presse catalane vient à Planas
Nous prenons contact avec plusieurs médias afin de faire connaître la situation.
Des journalistes se déplacent à Planas del Rey. Ils recueillent les témoignages des habitants mais également la position de la mairie de Pratdip.
Ces reportages permettent aujourd’hui de conserver une trace audiovisuelle particulièrement intéressante de cette crise et du désaccord qui nous oppose alors à la municipalité.
La mairie donne sa version des événements
Face aux protestations des habitants et à la médiatisation de l’affaire, la mairie de Pratdip fait connaître officiellement sa position.
Elle affirme que le réseau intérieur de distribution d’eau de Planas del Rey n’a pas été cédé à la municipalité et considère par conséquent que son entretien relève des propriétaires.
La mairie précise qu’elle fournit de l’eau potable et chlorée jusqu’au réservoir principal de l’urbanisation et affirme que cette alimentation n’a pas été interrompue.
Selon cette version, les problèmes se produisent donc après le réservoir principal, dans le réseau intérieur qui dessert les différentes habitations.
Cette analyse est très différente de la nôtre. Pour les habitants mobilisés, le fait de payer les factures d’eau et les redevances correspondantes justifie que la continuité du service soit assurée.
En clair : nous ne sommes pas seulement confrontés à une panne. Nous sommes également en désaccord avec la mairie sur la responsabilité de l’entretien et des réparations du réseau intérieur.
La mairie décide finalement d’intervenir
Dans son communiqué, la mairie indique avoir pris un décret le 2 janvier 2018 afin de permettre une intervention exceptionnelle.
Elle explique avoir décidé de suppléer l’absence d’intervention de l’EUCC et de faire appel, par l’intermédiaire du Consell Comarcal del Baix Camp, à Comaigua.
Des opérations sont alors réalisées sur différentes pannes apparues dans le réseau, avec également la collaboration de plusieurs habitants.
Selon la mairie, le service est rétabli après chacune de ces interventions.
Cette succession de réparations explique également pourquoi les témoignages recueillis durant cette période peuvent sembler contradictoires : l’eau revient à certains moments, puis de nouveaux problèmes apparaissent.
Des interrogations sur l’origine de certaines pannes
La succession des incidents soulève également des interrogations.
Certains habitants déposent plainte auprès des Mossos d’Esquadra en évoquant notamment la possibilité d’actes de vandalisme ou de sabotage.
La mairie indique de son côté avoir également informé les Mossos afin qu’ils puissent déterminer si certaines pannes, notamment celles survenues après des réparations, sont accidentelles ou éventuellement provoquées.
À ce stade, rien ne permet cependant d’affirmer que les pannes ont effectivement été causées volontairement.
Le débat arrive au conseil municipal
La crise de l’eau s’invite rapidement au conseil municipal de Pratdip.
Une trentaine d’habitants de Planas assistent à une séance particulièrement tendue consacrée notamment à ces problèmes d’approvisionnement.
Les discussions portent encore une fois sur la responsabilité du réseau intérieur, sur l’intervention de la mairie et sur la situation créée par la disparition de l’EUCC.
La municipalité annonce également la préparation d’une convention destinée à préciser le rôle des différents intervenants en cas de nouvelles pannes.
La crise de janvier 2018 met ainsi en évidence quelque chose de beaucoup plus profond qu’un simple problème technique : la disparition de l’EUCC n’a pas réglé la question de la gestion quotidienne des installations de Planas del Rey.
À partir du 9 janvier, Comaigua intervient régulièrement
La situation commence progressivement à se stabiliser.
Le 19 janvier, Òscar Serrano nous informe que les ouvriers de Comaigua interviennent à Planas depuis le 9 janvier.
Selon les informations qu’il communique alors, plusieurs éléments des installations font désormais l’objet d’un suivi quotidien :
- le puits ;
- les quatre réservoirs ;
- le système électrique ;
- le système de chloration ;
- le réseau de distribution.
L’objectif est de garantir un débit et une pression suffisants dans nos maisons.
Òscar Serrano annonce également avoir déposé le 18 janvier plusieurs propositions destinées au conseil municipal, dont une concernant directement la recherche d’une solution durable au problème de l’eau.
Une crise qui révèle un problème beaucoup plus profond
Avec cette crise, nous découvrons très concrètement les conséquences de la période de transition ouverte par la disparition de l’EUCC.
Le Tribunal supérieur de justice de Catalogne avait prononcé la dissolution de l’EUCC en juillet 2016 et l’entité avait cessé ses activités d’entretien à la fin du mois d’octobre 2017.
Mais cette dissolution ne signifie pas, à elle seule, que l’ensemble des installations de Planas a été automatiquement transféré à la mairie.
C’est précisément ce que la crise de janvier 2018 fait apparaître :
l’EUCC ne fonctionne plus comme auparavant, mais les habitants et la mairie ne partagent pas la même interprétation de la responsabilité du réseau intérieur.
Lorsqu’une panne survient, cette absence d’accord devient immédiatement un problème concret pour les habitants.
Ce qu’il faut retenir
En quelques semaines, nous avons vécu une succession d’événements :
- les problèmes d’approvisionnement commencent le 31 décembre 2017 ;
- le 2 janvier, une vingtaine de propriétaires se rendent à la mairie ;
- plusieurs habitants interviennent directement sur les installations ;
- l’eau revient par moments, mais de nouvelles pannes se produisent ;
- notre situation est relayée par plusieurs médias catalans ;
- la mairie et les habitants défendent des positions différentes concernant la responsabilité du réseau intérieur ;
- Comaigua intervient finalement sur les installations ;
- à partir du 9 janvier, selon Òscar Serrano, un suivi régulier du réseau est mis en place.
En clair : cette crise ne révèle pas seulement la fragilité de notre réseau d’eau. Elle montre surtout les difficultés très concrètes provoquées par une situation administrative qui reste alors profondément incertaine.
Pour nous, habitants de Planas del Rey, la question reste pourtant très simple : lorsqu’on ouvre un robinet, nous devons pouvoir disposer d’eau.
Martine Belgeonne
Sources
Les informations concernant la position officielle de la mairie sont notamment issues du communiqué municipal publié le 9 janvier 2018 et repris par le Diari de Tarragona. Les témoignages des habitants ont également été relayés par Agència Catalana de Notícies (ACN) et plusieurs médias catalans au début du mois de janvier 2018.




